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"Le Vendée Globe, on le gagne ou on le termine"

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"Le Vendée Globe, on le gagne ou on le termine"
Dans quatre ans, c’est toi qui me larguera la dernière amarre
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destremau1Ce vendredi 16 mars, Sébastien Destremau était dans les Landes pour raconter son incroyable Vendée Globe 2016-2017.

 


Après avoir tenu en haleine une soixantaine de détenus du Centre Pénitentiaire de Mont de Marsan, c’est à une centaine de personnes venues de tout le département qu’il s’est adressé avec force, simplicité et bonne humeur.

 


Son livre «  Seul au monde : 124 jours dans l’enfer du Vendée Globe » écrit à quatre mains avec Henri Haget n’est pas l’histoire d’une course, c’est l’histoire d’une vie.

 

 

 

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Dix-huitième et dernier à avoir franchi la ligne d’arrivée aux Sables-d’Olonne, le 11 mars 2017 celui qui n’avait jamais fait une course en solitaire a remporté une formidable victoire sur lui-même.


Au point de départ, un journal de bord qui n’avait pas vocation à devenir un livre et encore moins un best-seller. Devant l’engouement du public pour « ce mec de 52 ans arrivé bon dernier que l’on reconnaissait dans la rue et à qui on disait merci», les éditions XO ont proposé de réécrire son histoire. « Le Vendée Globe serait la toile de fond ; le récit serait l’incroyable voyage intérieur d’un homme seul sur les océans pendant plus de 4 mois ».


Avec beaucoup d’anecdotes, Sébastien Destremau raconte la préparation de cette aventure, bien loin des prérequis habituels. Depuis toujours, il aime se lancer des défis sur des coups de tête, des émotions ou du bluff. « On n’a qu’une vie, elle est à nous !» s’exclame-t-il avec un rire communicatif, même si cette attitude peut paraître égoïste aux yeux de certains.

 

 

 

 



La décision est prise lors du départ du Vendée Globe 2012-2013. « Dans quatre ans, c’est toi qui me larguera la dernière amarre » dit-il à son ami.


Après avoir vendu sa « belle voiture », les parts de sa maison en Australie, c’est avec 120 000 € en poche qu’il achète son bateau en Afrique du Sud.
Le bateau est simple et robuste. Il correspond à son projet dépouillé et sans superflu. Le bateau est baptisé Face Océan. Un nom à double sens fonctionnant bien en français et en anglais et qui va permettre de coller sur la coque du bateau les photos des 324 généreux internautes ayant participé au crownd-funding.
Il lui faut surmonter quelques galères mécaniques et financières mais aussi une rencontre avec un bateau pirate au large de l’Equateur qui fait resurgir de mauvais souvenirs, avant que le bateau soit à quai au port de Toulon.
Pendant deux longues années de préparation avec une équipe d’amis et de professionnels, Sébastien Destremau s’affaire et surmonte tous les obstacles. Son projet est minimaliste mais « ce qu’il n’a pas il ne le cassera pas ».
Il se transforme en « homme-orchestre », il encourage l’esprit d’équipe, le dépassement de soi. Sa volonté et sa ténacité sont infaillibles, il ne peut pas renoncer…Bateau Sebastien Destremau


Le jour J, il prend le départ avec 25 autres candidats. Dès le départ, il sait qu’il ne va pas gagner cette course. Le défi est ailleurs car il n’est pas un marin aguerri aux courses en solitaire.


Son métier c’est « tacticien et mercenaire de la voile ». Il est capable de mener un bateau d’un point A à un point Z mais ne connaît pas grand-chose à l’électronique, aux matériaux composites ni même à la météorologie. Tout ce qui prime c’est l’aventure humaine. Il nous dit « Je veux être seul avec la mer, avec moi-même. Même si j’ai peur ou peur de m’ennuyer, je veux m’ennuyer pour être créatif».


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Ces 124 jours de course seront tous différents. Dès les premiers milles ça commence mal, il est parti en claquettes et a oublié ces chaussures et s’ouvre profondément un doigt !
Au calme sans fin du Pot au noir succèdent les tempêtes de l’Océan Indien et les multiples avaries jusqu’à l’accident. Ejecté de sa couchette, il a plusieurs côtes cassées mais n’appelle pas le médecin de course. Jour après jour, il hisse les voiles et résout tous les problèmes mécaniques. Sans nourriture, il essaie sans succès de pêcher…. « Il n’avait qu’une crainte : ne pas arriver au bout ».


Les bons moments sont aussi présents : l’observation inlassable du vol des albatros ou le passage du Cap Horn. Il crée de petites vidéos, écrit et invente des histoires comme celle de la « Clé des Océans ».
Faite avec un cintre et trois bouts de bois, cette clé fermera tous les océans. A son arrivée, il la remet comme un symbole au directeur du Vendée Globe qui la donne au curé des Sables d’Olonne qui l’emmène à Rocamadour où se trouve une Vierge noire protectrice des marins. Le cinq avril prochain, cette clé sera bénie par le Pape et c’est Sébastien Destremau qui l’apportera au Vatican.  Une histoire inattendue !

 
La famille est aussi un axe important de son livre. Père absent et parfois intempestif, sa relation avec ses enfants reste complexe et intermittente mais jamais il ne l’a rompue.  
D’une enfance chaotique où il a été le mal-aimé d’une fratrie de cinq enfants et le mauvais élève de la classe, viré à 15 ans de l’Education Nationale il n’en garde pas de regrets. D’ailleurs quand tout allait mal, sa mère l’envoyait en vacances dans les Landes, où son parrain régisseur du château d’Arengosse lui proposait des activités au grand air libres de toutes contraintes.  


La « liberté sur l’eau » il l’a découverte enfant car il y a toujours eu un bateau dans la famille Destremau. La voile est une passion familiale qui ne s’est jamais tarie.  D’ailleurs son nouveau projet est familial : "les quatre frères Destremau qualifiés pour le prochain Vendée Globe".

Pour cela Sébastien Destremau participera en novembre à la Route du Rhum et les trois autres frères se lanceront début 2019, à la conquête de la Barcelona World Race.


Bon vent à toute la famille !

 

Ecoutez un extrait de la rencontre :


Enregistrement réalisé par Anthony Bacchetta avec le soutien de la

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